Natif d'un petit Etat (qui avait déjà connu la gloire en sprint avec Hasely Crawford en 1976), le Trinitéen Ato Boldon s'est fait une place parmi les stars du sprint mondial, autant par sa forte personnalité que par son talent et son palmarès riche de quatre médailles olympiques à Atlanta et à Sydney. Né dans l'île la plus méridionale des Caraïbes, le jeune Ato pratique d'abord le football. En 1988, il part pour New York où, repéré pour sa vitesse, il intègre le Collège Jamaïca dans le Queens. A 17 ans, il part pour San Jose, en Californie, rejoindre un oncle. Peu à peu, ses résultats sur la piste l'orientent vers l'athlétisme. Sans rival dans son pays, il est sélectionné à 18 ans pour les JO de Barcelone. Victime de son inexpérience, il est éliminé au premier tour sur 100 et 200 m. Mais très vite, il enchaîne avec un doublé historique 100 m - 200 m aux Championnats du monde juniors de Séoul. Toujours précoce, il devient en 1995 le plus jeune médaillé aux Mondiaux seniors en se classant troisième du 100 m. Doté d'une énorme confiance, voire de suffisance, il concrétise les espoirs placés en lui en remportant deux médailles de bronze (100 m et 200 m) aux JO d'Atlanta en 1996. Entraîné par le "sorcier" américain John Smith, tout comme son grand ami Maurice Greene, il profite de l'émulation qui règne au sein du groupe HSI pour remporter le titre mondial du 200 m en 1997 à Athènes.
Son look (lunettes de soleil, corps sculptural) et sa vitesse font de lui une vedette médiatique, d'autant que les résultats suivent. En 1998, il signe un énorme 9 sec 86 au 100 m dès le début de la saison, et enchaîne les victoires. Cette saison-là, il cumule les meilleurs temps sur ses deux distances favorites (9 sec 86 et 19 sec 77). Mais la suivante est gâchée par une blessure qui l'empêche de participer aux Mondiaux de Séville. Prudent, il ne prend pas de risques en vue des JO de Sydney où il vise l'or. Mais en Australie, il se contente de l'argent du 100 m et du bronze du 200. En perte de vitesse depuis, il échoue au pied du podium du 100 m des Mondiaux 2001, se consolant avec le bronze du 4x100 m. Une façon d'oublier un peu ce contrôle antidopage positif à l'éphédrine subi lors d'une compétition aux Etats-Unis en avril 2001, mais qui n'a valu à Boldon aucune suspension. Aux Mondiaux 2003, peut-être troublé par l'incident causé par le faux départ de son ami Jon Drummond, il ne parvient même pas à se hisser en finale du 100 m. La trentaine approchant, il semble dépassé.

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